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25/07/2013

Les amis de l'Institut du Monde arabe : un îlot de culture dans un océan de fraternité

Pour le passant ou le visiteur trop pressé, l'Institut du Monde Arabe est d'abord un bâtiment remarquable issu des talents conjugués de Jean Nouvel et de Architecture Studio. Mais loin d'être un repère pour un petit nombre, une sorte de terrier réservé à une élite repliée sur elle-même, l'IMA est ouvert au plus grand nombre et est résolument tourné vers le grand public. La société des Amis de l'IMA est quant à elle un îlot de culture dans un océan de fraternité.

 

L'Institut du Monde Arabe est d'abord un bâtiment dont la beauté est notoirement reconnue : à la fois extérieure du fait de la présence de ses 240 moucharabiehs. Et évidemment intérieure de par la qualité de sa bibliothèque et la beauté de ses expositions. Clairement, cet institut – qui est une fondation créée entre la France et par les pays qui composent la Ligue Arabe ( désormais au nombre de 22 ) – a pour vocation première de diffuser des connaissances relatives à la culture et à la civilisation arabes.

Parallèlement, l'institut est au service de l'expansion des relations nouées entre notre pays et les Etats arabes. Ainsi, il est en capacité de promouvoir la diversité culturelle tout autant que la dialogue requis entre les cultures. A la fois entre nationalités distinctes mais aussi, au sein de l'hexagone, où l'institut apporte sa pierre à la reconnaissance des générations issues de l'immigration.

Un nouvel élan s'annonce, du fait de l'impulsion attentive du Président Jack Lang, comme un bouquet d'initiatives qui vont attirer les lumières sur l'IMA. Pour notre part, en tant que vice-président de la Société des Amis de l'IMA, il nous revient d'attester auprès de vous, cher lecteur ou lectrice, du creuset de passionnés qui définit la SAIMA.

Association chargée d'assurer – notamment – " le rayonnement de l'IMA et de favoriser ses missions ", la SAIMA a aussi pour vocation de contribuer activement à l'enrichissement des collections et au développement des activités culturelles. Pour avoir le plaisir de siéger dans un conseil d'administration qui regroupe notamment  la talentueuse Chef d'orchestre Zahia Ziouani ou l'incontestable érudit qu'est  Ghaleb Ben Cheickh ( qui est responsable de l'émission cultuelle du dimanche matin diffusée par France 2 le dimanche matin ), je suis en mesure de confirmer que cette association est pleine de vitalité et d'ouverture.

Le terme de dynamisme du conseil n'est pas usurpée et sa présidente Soumia Belaidi Malinbaum est une personnalité soucieuse de voir la SAIMA marquée du sceau de la liberté de parole et de la créativité : c'est d'ailleurs ce que son bilan démontre. En tant que présidente de l'AFMD ( Association française des managers de la diversité ) et membre du conseil d'administration de l'Université Paris-Dauphine, ses volontés rejoignent une nécessité sociale et une urgence sociétale que nombre de présidents de sociétés du CAC 40 ont désormais intégrées.

Ne pas comprendre que la diversité est une réalité de la terre de France, c'est vouloir rester comme dans un jardin potager aux dimensions et légumes étriqués. C'est penser pouvoir vivre en tenant en mains un rétroviseur qui exclut les saveurs. Il y a des talents qu'il serait absurde, en ces temps de profonde mutation économique, de brider ou de nier. En cela, la SAIMA est un océan de fraternité dont chaque adhérent sait pouvoir compter sur l'écoute permanente de l'équipe d'administrateurs réunie dans un conseil où règne la parité et la diversité des sillons humains. En cela, la SAIMA est un îlot de culture car elle s'investit dans des missions diverses qui visent à établir des ponts entre les êtres épris de civilisation arabisante.

 

Le philosophe Michel Serres a écrit  " L'art des ponts " en criant son amour pour cet invention qui relie des rives et facilite la circulation humaine. Toutes proportions gardées, la SAIMA se veut un pont entre les pays arabes fondateurs et notre nation, entre les courants de la culture arabe et surtout entre chacun de ses adhérents et le point d'échange de la culture arabe qu'est l'Institut du Monde Arabe. Inauguré en 1987 par un président qui aimait les lettres et la culture ( qui songerait à contester ses qualités à l'ancien élu du Morvan qu'était François Mitterrand ? ), l'IMA sait pouvoir compter sur la SAIMA pour un apport sans faille, efficace et complémentaire de vitalité.

A titre personnel, j'ai l'honneur de siéger dans des conseils qui ne parviennent pas toujours à hisser le débat et le respect mutuel au rang de vertu cardinale. En retour d'expérience, je ne peux qu'être ému de participer – à titre bénévole – à cette séquence d'actions qui contribuent à servir, sincèrement, l'intérêt général : donc la culture pour tous. Feu Jacques Berque ( 1910 – 1995 ) a souvent écrit sur les risques de confrontation entre la pseudo-modernité occidentale et la culture arabe.

La SAIMA apporte ainsi clairement – de manière tangible – sa dynamique à un pont virtuel entre le nord et le sud qui sont condamnés à vivre ensemble et liés par le même instinct de survie voire par la même soif de libertés publiques.

Pour conclure, je m'en remets au talent de Julien Green : " Il faut des années de lecture attentive et intelligente pour goûter la prose et la poésie qui ont fait la gloire de nos civilisations. La culture ne s'improvise pas ". Oui, d'évidence – à la SAIMA – les gens épris de culture n'improvisent pas, ils tentent au quotidien de nourrir la machine de la fraternité et de faire partager au plus grand nombre l'immensité des civilisations arabisantes et de leurs apports historiques. En cela, la SAIMA est fidèle aux messages de sagesse, notamment celui du philosophe algérien Mohammed Arkoun qui invitait, lors d'une de ses dernières conférences tenue à Fès en 2009, à " penser la tolérance " tout en dénonçant " l'intolérable ".

Jean-Yves ARCHER

Economiste

Vice Président de la SAIMA

cabinetarcher@orange.fr

Jeudi 25 juillet 2013